
L'origine du djembé est très ancienne (XIII° siècle env.) et très mal connue. La forme du djembé est très probablement liée à celle de la pileuse de mil. Dans la société traditionnelle malinkée, ce sont les forgerons (Numuns) qui sont en charge du travail du fer et du bois. Ce sont eux qui fabriquent leurs propres outils et qui en ont l'usage exclusif. Ils fournissent à la population des outils (haches), des armes, des ustensiles de cuisine (mortiers, pilons) et bien sûr des instruments de musique tels que les djembés. Les forgerons font partie de la caste des Nyamakalas, comme les
Griots et les
Garankés (cordonniers). On distingue trois sous groupes de forgerons. Les
Numuns fins sont assignés au travail du fer et fabriquent toutes sortes d'outils comme la daba (pioche pour cultiver les champs). Les
Siakas sont affectés au travail des métaux précieux. Ils travaillent essentiellement l'or et l'argent pour les bijoux. Enfin, les
Kules s'occupent du travail du bois. Ils taillent les mortiers et pilons mais aussi les djembés.
Mamady Keita explique que traditionnellement, les villageois n'achetaient pas le djembé. On venait avec des présents comme des noix de cola à donner au forgeron pour qu'il fasse un djembé. C'est une dimension sociale et communautaire très forte qui servait pour "la joie". Le djembé est en effet très lié aux fêtes et cérémonies dans lequel tout le village est impliqué. A l'origine, le djembé n'était joué que par les hommes. Mamady Keita décrit également qu'il n'y a ni raison sacrée ni matchisme dans tout cela et que ce sont les femmes qui ont décidé de ne pas jouer. Ce sont elles qui dansent, qui chantent, qui cuisinent lors des fêtes traditionnelles. Il était donc normal que les hommes participent en jouant le djembé. Cette tradition, cette habitude est restée ancrée et il est encore rare que des femmes jouent le djembé. Cependant, de plus en plus de femmes jouent le djembé dans le monde comme Anne Yolaine Diarra du groupe Sokan.
Les joueurs de djembé sont-ils tous des djembéfolas ? Le terme malinké djembefola désigne "celui qui joue le djembé" ou "celui qui fait parler le djembé". Pour autant, il ne suffit pas de taper sur un djembé pour être un djembéfola. Les djembéfolas sont des musiciens d'exception qui se sont entraînés pendant de longues années et parfois dès leur plus jeune âge. Mamady Keita est entré au ballet national Djoliba à 14 ans. Les djembefolas connaissent de nombreux rythmes et sont capables de tenir tous les postes (djembé, dununs, chant ...). Ils défendent également la tradition véhiculée par chaque rythme. A ce titre, certains d'entre eux ont signé une pétition pour formaliser leur travail de conservation de la tradition et de l'histoire de leur pays (voir l'article sur le site de Mamady Keita :
http://www.mamadykeita.com/index.php?option=com_content&view=article&id=74&Itemid=56).
Enfin, il ne faut pas confondre le
djembefola et le
griot. Les griots font partie de la caste des Nyamakalas, comme les forgerons. Les griots sont des sages, des personnalités très cultivées qui sont les gardiens de l'histoire et des traditions de leur pays. Ils conservent cette histoire en mémoire et peuvent la conter à tous. Ils connaissent également la généalogie des différentes familles. Contrairement aux djembefolas, le statut de griot ne s'acquiert que par la djeliya (transmission par le sang). Ainsi, on ne devient pas griot, on naît griot et la formation du griot est donc réaliser de père en fils (ou fille puisqu'il y a de nombreuses griottes). Le djembé est parfois joué par les griots mais il est plus courant qu'ils jouent la kora, le n'goni ou même le balafon.
Pour consulter le forum des djembéfolas africains :
http://www.djembefola.fr/forum/percussionnistes-africains-f3.html
Bibliographie :
- MANDENFOLI, le magazine des arts mandingues, TOME 1.
Liens intéressants :
- Les griots :
http://www.soninkara.org/histoire-soninkara/griots/
- Les griots :
http://www.donaba.net/tradition.php?the ... 15fe290720
- Les griots :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Griot
- Historique du djembé :
http://www.aatmidjembe.com/culturel/histo.htm