Bon, ce sujet date mais n'est pas fermé et peut continuer, donc comme je viens d'arriver sur le forum...
J'apporte mon opinion toute personnelle à ce sujet qui m'intéresse beaucoup. J'ai pratiqué la danse africaine pendant 4 ans à Aix-en-Provence et participé à plusieurs stages avec d'autres profs tous aussi différents les uns que les autres, dans leurs méthodes, leurs chorégraphies...
Pour moi, la question du respect de la danse traditionnelle ne se pose pas. Tout dépend de ses aspirations personnelles dans cette pratique, tout comme je crois pour le djembé (mais là je débute).
Ma prof à Aix était également chorégraphe en danse contemporaine. Elle n'était pas prof diplômée. C'était tout simplement une femme africaine, sénégalaise précisément, passionnée de danse et de création artistique, motivée par l'échange, par la transmission de sa culture...Ses chorégraphies étaient composées de mouvements traditionnels, parfois modifiés, qu'elle arrangeait à sa manière. Mais cette question de tradition n'a jamais été un point primordial dans ses cours. Non pas qu'elle n'aurait pas su nous expliquer tous les styles de danse d'Afrique de l'Ouest, mais parce que je crois que ce n'est pas cela qui était important pour elle. Et du coup, cela ne l'était pas pour nous.
Ces cours (et je n'ai jamais retrouvé la même chose ailleurs) m'ont amenée à toute autre chose qui, à mon avis, est l'essentiel : l'échange, le partage, la communication par le corps, par l'énergie qui se crée dans le groupe. C'est ça, je crois, l'essence de la musique africaine. Peu importe les codes, les méthodes, l'expérience du musicien ou du danseur.
Comme dans toute pratique artistique, qu'elle soit africaine ou européenne, certains vont chercher la performance la plus pure, la plus stricte pour tenter de se rapprocher au plus près de la tradition.
Je respecte cette vision des choses. C'est celle qui crée certains des meilleurs artistes sans doute.
Mais ce n'est pas ce que je cherche dans la pratique de la danse africaine, puisque j'y ai trouvé autre chose : le plaisir à l'état pur, à savoir un autre mode de communication qui ne passe pas par la parole, mais par la transmission et l'échange de la joie, de l'énergie... (hum...je m'emballe ? Non non, je ne suis pas une illuminée, juste une passionnée

...).
Enfin sur un plan moins personnel, bien qu'il faille veiller à sa conservation et à sa transmission, aller jusqu'à sacraliser la tradition... bof. Les jeunes africains de notre époque ne dansent pas comme il y a des décennies, eux aussi apportent de nouvelles choses dans leur pratique, tout évolue et c'est comme cela que la culture s'enrichit.