Bonjour,
pierre a écrit:Je suis bien d'accord, mais par ci par là, je lis sur le net que le dununba est "réservé" aux hommes. Tout ça me fait un peu bondir, comme quand je lis qu'on joue Didadi ou Yankadi, ou un autre, pour une occasion bien particulière, en Afrique. Ma petite phrase avait juste pour but de remettre les idées en place aux personnes qui disent ça. Je sais très bien que la fête du "vrai" dununba, c'est tout autre chose, j'ai aussi vu des vidéos.
Pierre, tous ce qui est sur le net n'est pas obligatoirement dénué d'intéret, et si les gens marquent certaines choses c'est certainement car on leur à dis, il n'ont rien inventé. Le dunumba était bien reservé aux hommes. C'est sur que de nos jours, comme beaucoup d'autres danses, les conditions ont un peu évolué, mais toutes les fêtes de dunumba que j'ai faites étaient essentiellement dansé par les hommes (si tu as vu des vidéos tu ne peu pas dire le contraire)
Quant aux autres rythmes, je ne connais pas tout, bien sur, mais encore une fois, l'évolution de la vie, et surtout le jeu dans les villes ont un peu tout mélangé. Mais il faut bien admettre que beaucoup de rythmes "à l'origine", se jouaient pour des évènements particulier. Le Koma par exemple n'était joué qu'à l'allumage de la forge. C'est sur que de nos jours, et surtout dans les villes, il n'y a plus de cérémonies autour de l'allumage du feu, bien sur. Et donc ce rythme, qui est resté assez sacré, est en train de disparaitre.
pierre a écrit:Exact, mais tout ça, se sont des faits dûs au hasard. Deux autres équipes de tapeurs jouaient à un autre endroit de la ville ce jour, et ils avaient pris les petits dununs. C'est souvent le cas, on part parfois avec des jembés fendus, des dununs rafistolés. Mamoutou dirige 15 musiciens. Les jours très chargés, le mois avant le ramadan, par exemple, on part parfois à trois tapeurs dans une fête, tant les équipes sont prises. Ah, on est pas là bas pour faire du spectacle, avec des jembés bien décorés et les breaks préparés, on est là pour faire danser dans une fête traditionnelle. C'est du jeux sauvage, je l'ai déjà dit, mais c'est ce qui se fait aujourd'hui dans les grands centres urbains, n'en déplaise aux nostalgiques du village.
Je sais comment ça se passe quand y a beaucoup de gombos, et je sais que le matériel en afrique est plus rustique lol
Mais je suis pas d'accord avec toi quand tu dis qu'on est pas là pour faire le spectacle, quant aux breaks, parles en aux gars d'Abidjan, eux qui sont calés dans ça... je sais pas si ils seront d'accord avec toi. Même à Bouaké, à l'époque en tout cas, tous les Bebe, Yakou, Karamoko et compagnie, avaient des breaks de fou qu'ils utilisaient en gombos
pierre a écrit:Ah ça, si tu jouais souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles, tu verrais le nombre de fois où les femmes se mettent à l'envers. Ce ne sont pas des professionnelles et on est pas en situation de ballet ou de spectacle.
Pierre, tu ne connais pas mon parcourt et je trouve ta phrase un peu hautaine. Cela fait plus de dix ans que je vais en Afrique de l'ouest, Mali, Cotes D'ivoire, Burkina et Guinée. J'ai rarement travaillé avec des formations ballets et suis plus de l'école gombos (mariage, baptêmes, solissi...). Moi même à Abidjan j'ai mené des gombos. Comme tu disais beaucoup de travail donc des équipes réduites et séparer.
Mon patron Monimba, m'a plusieurs fois laissé la charge d'une équipe. Pour des petits gombos je te l'accorde, mais quand même. Alors quand tu écris "Ah ça, si tu jouais souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles...", et bien je joue souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles. Et j'ai déjà vu des femmes se mettrent en contre temps, mais très peu souvent, contrairement à ce que tu laisse entendre.
Ce ne sont pas des professionnelles mais elle connaissent cette musique depuis leur enfance.
pierre a écrit:Tout ça est encore bien vrai, mais le contexte dans lequel on joue le dununba à Bouaké n'est pas le contexte d'origine. Les femmes sont là, pour faire la fête et soudain, l'une d'entre elles part sur les pas du dununba. Il faut bien suivre et se débrouiller avec les instruments que l'on a sur place. Ici, en Europe, on voit les choses d'une façon trop formelle. Ca s'appelle comme ça, on le joue comme ça, à telle occasion, dans telle ethnie, etc (ce qui n'empêche pas tes remarques d'êtres pertinentes).
Oui, je suis d'accord avec toi, tous cela fait qu'ils sont bien obligé de suivre, et puis c'est leur boulot, ils font ça pour manger.
Mais pour allé plus loin sur les façon de jouer formelle, comme tu dis pour l'Europe, il n'y a pas qu'en Europe. Pour exemple, quand j'étais à Bamako avec une troupe de quartier on est parti jouer chez les Markas. Quand on c'est mis à joué Take, les gars ont dis que c'était pas ça du tout, que ça se jouait pas comme ça (c'est de chez eux), donc tu vois, même en Afrique y'a cette discution. Va jouer un Jansa comme on fait ici, ou même à Bouaké, devant un Kassonké, c'est sur qu'il dira que ça a rien à voir avec le Jansa... c'est interminable
pierre a écrit:Enfin, tout ça pour dire que le dununba n'est vraiment pas la danse de la Côte d'ivoire, ni de Bouaké. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas de bonnes vidéos de dununba. Pour le même raison, les tapeurs du coins ne sont très certainement pas non plus des spécialistes de dununba. La vidéo tournée sous une bâche n'est pas un bon exemple. D'abord, il est rare que l'on joue le dununba presque un après-midi entier à Bouaké. Ensuite, je l'ai dit, Mamoutou était soliste invité et il a pesté tout l'après-midi contre le petit qui joue le sangban. Il a même appelé l'un de ses tapeurs à la rescousse, tant le jeu ne tournait pas.
Ok, pas de problème, en tout cas c'est cool. Mon message n'était là que pour faire avancé la discution sur le dunumba, c'est sur que rien ne vaudras un Dunumba de Guinée, comme un Sunu du Mali, etc... même si les rythmes évolues et voyages, l'endroit où ils ont pris racine reste certainement l'endroit où l'on retrouveras le plus son origine et son originalité
Bonne continuation à tous
Cordialement
Tito