Tito a écrit:Salut à tous,
pour revenir un peu sur le dunumba,
Pierre il est vrai que la danse mène bien souvent la musique et donc sa vitesse, mais chaque danse à une vitesse aussi
jouer un dunumba trop rapide (et le danser) c'est comme si tu dansait un slow sur une vitesse accélérer, tu peux le faire mais c'est pas prévu comme ça
Je parlerai de ça à Mamoutou dans un mois, quand j'irai à Bouaké. Il se peut qu'il dise la même chose que toi, je n'en ai jamais parlé avec lui.
Tito a écrit:Ensuite, oui beaucoup de femme danse le Dunumba "maintenant", c'est à cause de sa grande popularité, mais ça reste quand même la danse des hommes par excellence,
Je suis bien d'accord, mais par ci par là, je lis sur le net que le dununba est "réservé" aux hommes. Tout ça me fait un peu bondir, comme quand je lis qu'on joue Didadi ou Yankadi, ou un autre, pour une occasion bien particulière, en Afrique. Ma petite phrase avait juste pour but de remettre les idées en place aux personnes qui disent ça. Je sais très bien que la fête du "vrai" dununba, c'est tout autre chose, j'ai aussi vu des vidéos.
Tito a écrit:Hors de son contexte (c'est à dire en guinée), le dunumba a été énormément dénaturé, mais cela reste interressant, mais pour moi c'est vraiment des versions modernes du dunumba (basé justement sur le jeux de dunumba, sangban)
Oui, mais j'avais bien précisé que justement, dans ce jeux particulier, il n'y avait pas le gros dununba, et que c'était intéressant de le voir. Mamoutou et son groupe jouent aussi le dununba avec le gros dununba. Pour ce qui est des versions modernes, il est certain qu'à Bouaké, les jeunes de la génération de Mamoutou changent beaucoup les structures originales des morceaux (je le dis dans la présentation de mon site). Il y a plusieurs raisons à ça, pas toutes bonnes, mais on en parlera dans un autre post.
Tito a écrit:Les vidéos sont pas mal, mais la seconde est bien meilleure
sur la première, je regrette que la partie kenkeni soit joué par le doum le moins tendu (ça tourne un peu le rythme),
Exact, mais tout ça, se sont des faits dûs au hasard. Deux autres équipes de tapeurs jouaient à un autre endroit de la ville ce jour, et ils avaient pris les petits dununs. C'est souvent le cas, on part parfois avec des jembés fendus, des dununs rafistolés. Mamoutou dirige 15 musiciens. Les jours très chargés, le mois avant le ramadan, par exemple, on part parfois à trois tapeurs dans une fête, tant les équipes sont prises. Ah, on est pas là bas pour faire du spectacle, avec des jembés bien décorés et les breaks préparés, on est là pour faire danser dans une fête traditionnelle. C'est du jeux sauvage, je l'ai déjà dit, mais c'est ce qui se fait aujourd'hui dans les grands centres urbains, n'en déplaise aux nostalgiques du village.
Tito a écrit:et ensuite sur la fin de la vidéo les femmes se mettent en contre temps
Ah ça, si tu jouais souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles, tu verrais le nombre de fois où les femmes se mettent à l'envers. Ce ne sont pas des professionnelles et on est pas en situation de ballet ou de spectacle.
Tito a écrit:Comme tu dis, Pierre, sur ton site, "Dans d'autres pays, d'autres régions ou d'autres ethnies, on jouera parfois les mêmes morceaux différemment." C'est vrai, mais chaque rythme à été créé dans un contexte particulier et par rapport à un évènement particulier.
Tout ça est encore bien vrai, mais le contexte dans lequel on joue le dununba à Bouaké n'est pas le contexte d'origine. Les femmes sont là, pour faire la fête et soudain, l'une d'entre elles part sur les pas du dununba. Il faut bien suivre et se débrouiller avec les instruments que l'on a sur place. Ici, en Europe, on voit les choses d'une façon trop formelle. Ca s'appelle comme ça, on le joue comme ça, à telle occasion, dans telle ethnie, etc (ce qui n'empêche pas tes remarques d'êtres pertinentes).
Tito a écrit:Je suis plus dans le sens de Mike, un dunumba trop rapide, pour moi, ce n'est plus un dunumba (ce qui ne veux pas dire que c'est dénué d'intérêts)
J'ai aussi une vidéo de dununba, dansé par une fille de 17 ans (à l'époque) vidéos tournée lors de mon premier voyage, en 2003. Cette fille danse superbement bien le dununba, c'est un peu sa spécialité (elle est d'origine guinéenne). Et ça ne joue pas trop rapidement. Hélas, je n'ai pas l'autorisation de cette fille, que je connais, pour diffuser cette vidéo et elle danse dans une troupe concurrente de Mamoutou.
Enfin, tout ça pour dire que le dununba n'est vraiment pas la danse de la Côte d'ivoire, ni de Bouaké. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas de bonnes vidéos de dununba. Pour le même raison, les tapeurs du coins ne sont très certainement pas non plus des spécialistes de dununba. La vidéo tournée sous une bâche n'est pas un bon exemple. D'abord, il est rare que l'on joue le dununba presque un après-midi entier à Bouaké. Ensuite, je l'ai dit, Mamoutou était soliste invité et il a pesté tout l'après-midi contre le petit qui joue le sangban. Il a même appelé l'un de ses tapeurs à la rescousse, tant le jeu ne tournait pas.
Cordialement.
Pierre.









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