Traditionnel du mois de mars

Forum des discussions générales sur le djembé ou sur d'autres choses.

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Re: Traditionnel du mois de mars

Messagede pierre le Sam 06 Mar 2010 9:58 pm

Tito a écrit:Salut à tous,
pour revenir un peu sur le dunumba,
Pierre il est vrai que la danse mène bien souvent la musique et donc sa vitesse, mais chaque danse à une vitesse aussi
jouer un dunumba trop rapide (et le danser) c'est comme si tu dansait un slow sur une vitesse accélérer, tu peux le faire mais c'est pas prévu comme ça


Je parlerai de ça à Mamoutou dans un mois, quand j'irai à Bouaké. Il se peut qu'il dise la même chose que toi, je n'en ai jamais parlé avec lui.

Tito a écrit:Ensuite, oui beaucoup de femme danse le Dunumba "maintenant", c'est à cause de sa grande popularité, mais ça reste quand même la danse des hommes par excellence,


Je suis bien d'accord, mais par ci par là, je lis sur le net que le dununba est "réservé" aux hommes. Tout ça me fait un peu bondir, comme quand je lis qu'on joue Didadi ou Yankadi, ou un autre, pour une occasion bien particulière, en Afrique. Ma petite phrase avait juste pour but de remettre les idées en place aux personnes qui disent ça. Je sais très bien que la fête du "vrai" dununba, c'est tout autre chose, j'ai aussi vu des vidéos.

Tito a écrit:Hors de son contexte (c'est à dire en guinée), le dunumba a été énormément dénaturé, mais cela reste interressant, mais pour moi c'est vraiment des versions modernes du dunumba (basé justement sur le jeux de dunumba, sangban)


Oui, mais j'avais bien précisé que justement, dans ce jeux particulier, il n'y avait pas le gros dununba, et que c'était intéressant de le voir. Mamoutou et son groupe jouent aussi le dununba avec le gros dununba. Pour ce qui est des versions modernes, il est certain qu'à Bouaké, les jeunes de la génération de Mamoutou changent beaucoup les structures originales des morceaux (je le dis dans la présentation de mon site). Il y a plusieurs raisons à ça, pas toutes bonnes, mais on en parlera dans un autre post.

Tito a écrit:Les vidéos sont pas mal, mais la seconde est bien meilleure
sur la première, je regrette que la partie kenkeni soit joué par le doum le moins tendu (ça tourne un peu le rythme),


Exact, mais tout ça, se sont des faits dûs au hasard. Deux autres équipes de tapeurs jouaient à un autre endroit de la ville ce jour, et ils avaient pris les petits dununs. C'est souvent le cas, on part parfois avec des jembés fendus, des dununs rafistolés. Mamoutou dirige 15 musiciens. Les jours très chargés, le mois avant le ramadan, par exemple, on part parfois à trois tapeurs dans une fête, tant les équipes sont prises. Ah, on est pas là bas pour faire du spectacle, avec des jembés bien décorés et les breaks préparés, on est là pour faire danser dans une fête traditionnelle. C'est du jeux sauvage, je l'ai déjà dit, mais c'est ce qui se fait aujourd'hui dans les grands centres urbains, n'en déplaise aux nostalgiques du village.

Tito a écrit:et ensuite sur la fin de la vidéo les femmes se mettent en contre temps


Ah ça, si tu jouais souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles, tu verrais le nombre de fois où les femmes se mettent à l'envers. Ce ne sont pas des professionnelles et on est pas en situation de ballet ou de spectacle.

Tito a écrit:Comme tu dis, Pierre, sur ton site, "Dans d'autres pays, d'autres régions ou d'autres ethnies, on jouera parfois les mêmes morceaux différemment." C'est vrai, mais chaque rythme à été créé dans un contexte particulier et par rapport à un évènement particulier.


Tout ça est encore bien vrai, mais le contexte dans lequel on joue le dununba à Bouaké n'est pas le contexte d'origine. Les femmes sont là, pour faire la fête et soudain, l'une d'entre elles part sur les pas du dununba. Il faut bien suivre et se débrouiller avec les instruments que l'on a sur place. Ici, en Europe, on voit les choses d'une façon trop formelle. Ca s'appelle comme ça, on le joue comme ça, à telle occasion, dans telle ethnie, etc (ce qui n'empêche pas tes remarques d'êtres pertinentes).

Tito a écrit:Je suis plus dans le sens de Mike, un dunumba trop rapide, pour moi, ce n'est plus un dunumba (ce qui ne veux pas dire que c'est dénué d'intérêts)


J'ai aussi une vidéo de dununba, dansé par une fille de 17 ans (à l'époque) vidéos tournée lors de mon premier voyage, en 2003. Cette fille danse superbement bien le dununba, c'est un peu sa spécialité (elle est d'origine guinéenne). Et ça ne joue pas trop rapidement. Hélas, je n'ai pas l'autorisation de cette fille, que je connais, pour diffuser cette vidéo et elle danse dans une troupe concurrente de Mamoutou.

Enfin, tout ça pour dire que le dununba n'est vraiment pas la danse de la Côte d'ivoire, ni de Bouaké. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas de bonnes vidéos de dununba. Pour le même raison, les tapeurs du coins ne sont très certainement pas non plus des spécialistes de dununba. La vidéo tournée sous une bâche n'est pas un bon exemple. D'abord, il est rare que l'on joue le dununba presque un après-midi entier à Bouaké. Ensuite, je l'ai dit, Mamoutou était soliste invité et il a pesté tout l'après-midi contre le petit qui joue le sangban. Il a même appelé l'un de ses tapeurs à la rescousse, tant le jeu ne tournait pas.

Cordialement.
Pierre.
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Re: Traditionnel du mois de mars

Messagede Tito le Lun 08 Mar 2010 3:02 pm

Bonjour,


pierre a écrit:Je suis bien d'accord, mais par ci par là, je lis sur le net que le dununba est "réservé" aux hommes. Tout ça me fait un peu bondir, comme quand je lis qu'on joue Didadi ou Yankadi, ou un autre, pour une occasion bien particulière, en Afrique. Ma petite phrase avait juste pour but de remettre les idées en place aux personnes qui disent ça. Je sais très bien que la fête du "vrai" dununba, c'est tout autre chose, j'ai aussi vu des vidéos.


Pierre, tous ce qui est sur le net n'est pas obligatoirement dénué d'intéret, et si les gens marquent certaines choses c'est certainement car on leur à dis, il n'ont rien inventé. Le dunumba était bien reservé aux hommes. C'est sur que de nos jours, comme beaucoup d'autres danses, les conditions ont un peu évolué, mais toutes les fêtes de dunumba que j'ai faites étaient essentiellement dansé par les hommes (si tu as vu des vidéos tu ne peu pas dire le contraire)
Quant aux autres rythmes, je ne connais pas tout, bien sur, mais encore une fois, l'évolution de la vie, et surtout le jeu dans les villes ont un peu tout mélangé. Mais il faut bien admettre que beaucoup de rythmes "à l'origine", se jouaient pour des évènements particulier. Le Koma par exemple n'était joué qu'à l'allumage de la forge. C'est sur que de nos jours, et surtout dans les villes, il n'y a plus de cérémonies autour de l'allumage du feu, bien sur. Et donc ce rythme, qui est resté assez sacré, est en train de disparaitre.


pierre a écrit:Exact, mais tout ça, se sont des faits dûs au hasard. Deux autres équipes de tapeurs jouaient à un autre endroit de la ville ce jour, et ils avaient pris les petits dununs. C'est souvent le cas, on part parfois avec des jembés fendus, des dununs rafistolés. Mamoutou dirige 15 musiciens. Les jours très chargés, le mois avant le ramadan, par exemple, on part parfois à trois tapeurs dans une fête, tant les équipes sont prises. Ah, on est pas là bas pour faire du spectacle, avec des jembés bien décorés et les breaks préparés, on est là pour faire danser dans une fête traditionnelle. C'est du jeux sauvage, je l'ai déjà dit, mais c'est ce qui se fait aujourd'hui dans les grands centres urbains, n'en déplaise aux nostalgiques du village.


Je sais comment ça se passe quand y a beaucoup de gombos, et je sais que le matériel en afrique est plus rustique lol
Mais je suis pas d'accord avec toi quand tu dis qu'on est pas là pour faire le spectacle, quant aux breaks, parles en aux gars d'Abidjan, eux qui sont calés dans ça... je sais pas si ils seront d'accord avec toi. Même à Bouaké, à l'époque en tout cas, tous les Bebe, Yakou, Karamoko et compagnie, avaient des breaks de fou qu'ils utilisaient en gombos


pierre a écrit:Ah ça, si tu jouais souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles, tu verrais le nombre de fois où les femmes se mettent à l'envers. Ce ne sont pas des professionnelles et on est pas en situation de ballet ou de spectacle.


Pierre, tu ne connais pas mon parcourt et je trouve ta phrase un peu hautaine. Cela fait plus de dix ans que je vais en Afrique de l'ouest, Mali, Cotes D'ivoire, Burkina et Guinée. J'ai rarement travaillé avec des formations ballets et suis plus de l'école gombos (mariage, baptêmes, solissi...). Moi même à Abidjan j'ai mené des gombos. Comme tu disais beaucoup de travail donc des équipes réduites et séparer.
Mon patron Monimba, m'a plusieurs fois laissé la charge d'une équipe. Pour des petits gombos je te l'accorde, mais quand même. Alors quand tu écris "Ah ça, si tu jouais souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles...", et bien je joue souvent en Afrique dans les fêtes traditionnelles. Et j'ai déjà vu des femmes se mettrent en contre temps, mais très peu souvent, contrairement à ce que tu laisse entendre.
Ce ne sont pas des professionnelles mais elle connaissent cette musique depuis leur enfance.


pierre a écrit:Tout ça est encore bien vrai, mais le contexte dans lequel on joue le dununba à Bouaké n'est pas le contexte d'origine. Les femmes sont là, pour faire la fête et soudain, l'une d'entre elles part sur les pas du dununba. Il faut bien suivre et se débrouiller avec les instruments que l'on a sur place. Ici, en Europe, on voit les choses d'une façon trop formelle. Ca s'appelle comme ça, on le joue comme ça, à telle occasion, dans telle ethnie, etc (ce qui n'empêche pas tes remarques d'êtres pertinentes).


Oui, je suis d'accord avec toi, tous cela fait qu'ils sont bien obligé de suivre, et puis c'est leur boulot, ils font ça pour manger.
Mais pour allé plus loin sur les façon de jouer formelle, comme tu dis pour l'Europe, il n'y a pas qu'en Europe. Pour exemple, quand j'étais à Bamako avec une troupe de quartier on est parti jouer chez les Markas. Quand on c'est mis à joué Take, les gars ont dis que c'était pas ça du tout, que ça se jouait pas comme ça (c'est de chez eux), donc tu vois, même en Afrique y'a cette discution. Va jouer un Jansa comme on fait ici, ou même à Bouaké, devant un Kassonké, c'est sur qu'il dira que ça a rien à voir avec le Jansa... c'est interminable

pierre a écrit:Enfin, tout ça pour dire que le dununba n'est vraiment pas la danse de la Côte d'ivoire, ni de Bouaké. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas de bonnes vidéos de dununba. Pour le même raison, les tapeurs du coins ne sont très certainement pas non plus des spécialistes de dununba. La vidéo tournée sous une bâche n'est pas un bon exemple. D'abord, il est rare que l'on joue le dununba presque un après-midi entier à Bouaké. Ensuite, je l'ai dit, Mamoutou était soliste invité et il a pesté tout l'après-midi contre le petit qui joue le sangban. Il a même appelé l'un de ses tapeurs à la rescousse, tant le jeu ne tournait pas.


Ok, pas de problème, en tout cas c'est cool. Mon message n'était là que pour faire avancé la discution sur le dunumba, c'est sur que rien ne vaudras un Dunumba de Guinée, comme un Sunu du Mali, etc... même si les rythmes évolues et voyages, l'endroit où ils ont pris racine reste certainement l'endroit où l'on retrouveras le plus son origine et son originalité

Bonne continuation à tous
Cordialement
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Re: Traditionnel du mois de mars

Messagede pierre le Mer 10 Mar 2010 12:42 am

Tito a écrit:Bonjour,


Pierre, tous ce qui est sur le net n'est pas obligatoirement dénué d'intéret, et si les gens marquent certaines choses c'est certainement car on leur à dis, il n'ont rien inventé. Le dunumba était bien reservé aux hommes.


Salut,

hier soir, j'ai voulu te répondre, au milieu de ton courrier, mais je ne sais ce qui s'est passé, au moment d'envoyer, j'étais déconnecté du forum et le message est parti en fumée. Finalement, tant mieux, ma réponse était très longue et j'en ai un peu assez de ces éternelles discussions sur le jembé en Afrique. Arguments des uns et des autre souvent invérifiables, vu la distance qui sépare ces évènements de ceux qui sont censés y croire. Je vais faire ici une réponse un peu plus courte.

D'abord, je n'ai pas été hautain avec toi. C'est la teneur de ton message qui m'a fait croire que tu était le énième qui parlait du jembé en Afrique. Si tu t'étais mieux présenté, ce ne serait pas arrivé. Mes excuses si tu a été offensé.

Oui, tous les traditionnels africains étaient au départ joués pour une occasion. C'est encore le cas ce jour, dans les villages. Dans les grands centres urbains, là où sont concentrés tous les tapeurs, ça n'existe plus (en tous cas pas à Bouaké). On peut le déplorer ou trouver ça normal, c'est un autre débat, mais ça n'existe plus. A partir de là, ce qui m'énerve, c'est que certains continuent à sortir des méthodes de jembé dans lesquelles est écrit noir sur blanc que l'on joue tel ou tel morceau à telle occasion et pour telle ethnie. Et bien sûr, les moutons répètent ça à l'envie sur le net. Ce ne serait pas faux si les auteurs prenaient la précaution de replacer cette information dans son contexte géographique et dans le temps, ce qui n'est pas le cas. Il en résulte des empoignades entre tapeurs, qui n'auraient pas lieu d'exister si les auteurs de ces méthodes avaient pris leurs précautions. Il faut arrêter de blaguer les blancs, ils voyagent beaucoup et découvrent un jour ou l'autre la vérité. Imagine la réaction d'un blanc qui arrive à Bouaké avec sa caméra. Il va assister à un baptême et il constate que l'on joue Didadi, Yankadi, Kurubi, Fie jembé, Bara, etc. Alors qu'on lui a dit que pour les baptêmes, on jouait tel morceau (je prend un exemple au hasard). Idem pour les morceaux des fêtes de ramadan. Dans tout le centre/nord de la Côte d'Ivoire, on ne joue plus une note de jembé pendant le ramadan.

Désolé pour toi, mais quand on est tapeurs dans des fêtes traditionnelles, on est pas là pour faire un spectacle (au sens où nous entendons le mot spectacle). On est là pour accompagner le chant de la griotte et faire danser, c'est tout. Le spectacle, c'est à la salle des fêtes ou au centre culturel et on ne joue pas de la même façon que dans les mariages. Ou alors, les autres grandes villes de l'Afrique sont bien différentes de Bouaké.

Encore désolé pour toi, mais à Bouaké, il y a de temps en temps des tapeurs qui viennent d'Abidjan. On les connaît tous et ils ne font pas des breaks interminables dans leur jeu. Ils jouent ce qu'on doit jouer dans les fêtes traditionnelles, c'est à dire un jeu sobre. Une bonne partie des tapeurs d'Abidjan ont d'ailleurs été formés à Bouaké et certains d'entre eux avaient pour patron Mamoutou. Justement, ceux qui font trop de breaks ou manquent de connaissances sur les danses des ethnie ne travaillent pas beaucoup, en Afrique. Ils se rabattent sur les cours de jembés à donner aux visiteurs blancs, ça oui.

Pour ce qui est des breaks, il arrive que dans l'équipe de Mamoutou, on en joue. Souvent, pour les fins de morceaux, mais courts. Parfois un au milieu du morceau, pour se faire plaisir et c'est tout. L'introduction n'étant pas considéré comme un break. La raison est simple, si on joue trop de breaks, les femmes qui sont devant nous nous le font sentir. Elles disent que l'on joue de la "percussion". Drôle d'expression qui, dans leur bouche, signifie en gros faire du spectacle. L'autre raison est que les breaks trop fréquents cassent la danse. Ce qui n'empêche pas les tapeurs de se faire plaisir en en jouant, en dehors de la fête. Pour moi, les breaks, c'est la maladie mentale du jembé, surtout en Europe. Les breaks, c'est quelque chose de personnel, même un tapeur moyen peut en préparer de très complexes. Malgré mes 32 heures de musique par semaine, dont au moins 15 au jembé/dununs/balafon, j'ai souvent eu l'envie d'intégrer une école de jembé, histoire de jouer avec d'autres, de garder la main. J'en ai visité, toutes sont dans les breaks. J'ai fui, je veux jouer du "groove", pas me prendre la tête. Ils aiment ça, les intellos du jembé, chez nous. Pour jouer des breaks compliqués, on a pas besoin des tapeurs africains, en Europe. On est aussi forts qu'eux. Tous les bons batteurs de variété, les spécialiste des méthodes Dante Agostini, les matheux des conservatoires qui bossent depuis 15 ans au métronome sont capables de mettre en place des breaks compliqués. Pour moi, la musique ce n'est pas ça, même si ça en fait un peu partie.

Pour ce qui est des danseuses qui se mettent à l'envers dans les fêtes, ce n'est pas rare. Soit tu as eu de la chance, soit tu as mal regardé. Peut-être faudrait-il se mettre d'accord sur ce qu'est "se mettre à l'envers". Quand une danseuse change brusquement de pas devant le soliste, parce qu'elle veut faire un autre danse, c'est sûr qu'il y a un moment de flottement. C'est aussi de ça dont je parle.

Enfin, pour conclure, et puisque nous pouvons encore douter l'un de l'autre, je t'invite à Bouaké. J'y serai l'été prochain, deux mois. Tu pourras jouer avec nous et, si tu te sens, mettre en musique ce que tu avances sur le jeu dans les fêtes traditionnelles.

Cordialement.
Pierre.
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Re: Traditionnel du mois de mars

Messagede Tempo le Mer 10 Mar 2010 12:48 pm

Merci Pierre pour cette contribution.
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Re: Traditionnel du mois de mars

Messagede Tito le Mer 10 Mar 2010 5:11 pm

Salut Pierre,
en effet je ne me suis pas présenté (ce n'était pas tout à fait pareil du temps de Taiki lol), mais c'est pas une raison pour jugé vite les gens. C'est pas un problème, je t'en veux pas :D

Ok, il est vrai que tout a changé et que de nombreux rythmes sont joué de nos jours hors de leur contexte, et je trouve ça bien car ce qui reste dans leur contexte finisse par disparaitre, mais ça c'est une autre discution.

Pour ce qui est du spectacle, je connais pas mal de patron qui joue avec ça, je t'accorde que c'est pas la majorité mais y en a. Le but principal comme tu dis est de faire danser et d'accompagner la griotte, mais certain batteur mettent un peu de choregraphie. Mais c'est pas l'essentiel ça c'est sur

Ensuite pour les breaks, désolé aussi mais Abidjan est réputé dans toute l'afrique de l'ouest pour ça. Ce ne sont pas des breaks interminable, ce sont des rentré et des break placé dans la musique. En fait à Abidjan ça fait bien longtemps que l'on joue souvent dans les gombos avec la guitare et le clavier. Autant dire que ça change des gombos de Bamako :D
De plus en plus on fait de la variété. J'ai deja entendu des titres de Sékouba Bambino, Oumou Sangaré ou autre
Par contre, quand tu dis qu'une bonne partie des joueurs d'Abidjan ont été formé à Bouaké.... euh, ne t'avance pas trop
Abidjan est grand, bien p^lus grand que Bouaké, il ya beaucoup plus de fêtes et de nombreux quartiers. Et des tapeurs dans pas mal de quartier aussi. Moi je connais plus les batteurs d'Abobo, où j'ai habité quelques années. Mais Trenchville est réputé aussi (de là vient Amara Kanté) et y avait des vieux patron comme Issa Ballo, Sékouba Traoré, Moussa Koné.... (parles en à Mamoutou)
C'est vrai que depuis les évènements de 2002, beaucoup ont bougé pour ce chercher ailleurs.... normal , mais beaucoup sont encore là, Fakoroba, Monimba (mon second patron), Aboubakar koteba, Nyanga Dra, Modibo Kouyaté... Abidjanais pur souche lol
Les jeunes sont là aussi maintenant, je connais pas trop la nouvelle génération, ça va vite. Mais y avait plein de petit derriere formé par ces gars, donc à Abidjan, qui sont là

Tous ça pour dire que Bouaké a son école, mais Abidjan aussi, comme toutes les grandes métropoles du Djembé. Et en fait ce que je trouve interressant c'est que dans chaque endroit il y a une originalité, on ne joue pas à Bouaké comme à Abidjan, ni comme à Bamako, ni comme à Conakry, etc... c'est ça qu'est cool.

Voilà, je vais stoppé là aussi pour pas être trop longs (dur pour moi te taper longtemps sur le clavier, j'ai pas l'habitude, je préfère taper sur le djembé lol)

Et pour ton invitation ce serais avec plaisir mais l'été, trop de plan, je joue dans trois groupe différents donc de fin Mai à fin Septembre je suis à fond, mais ça aurait été cool, moi je part plutot l'hiver, qyand il fait froid ici. Et pour ta part si tu passe dans le sud on iras voir des Abidjanais lol, non y a pas mal de gars de Bouaké aussi t'inquiéte :D
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Re: Traditionnel du mois de mars

Nouveau messagede pierre le Mer 17 Mar 2010 1:39 am

Tito a écrit:Salut Pierre,
en effet je ne me suis pas présenté (ce n'était pas tout à fait pareil du temps de Taiki lol), mais c'est pas une raison pour jugé vite les gens. C'est pas un problème, je t'en veux pas :D

Tiens, je n'avais même pas vu ta réponse et aucun avertissement n'est arrivé sur ma boîte. Etrange.

Pour ce qui est du spectacle, je connais pas mal de patron qui joue avec ça, je t'accorde que c'est pas la majorité mais y en a. Le but principal comme tu dis est de faire danser et d'accompagner la griotte, mais certain batteur mettent un peu de choregraphie. Mais c'est pas l'essentiel ça c'est sur

Peut-être qu'on ne s'est pas accordé sur le mot "spectacle". Bien sûr qu'à Bouaké aussi, on se la joue. Les tapeurs font des pas, les solistes font des gestes, etc. Si c'est de ça dont on parle, on est d'accord. Moi, je voulais parler du spectacle total, dans une salle.

Ensuite pour les breaks, désolé aussi mais Abidjan est réputé dans toute l'afrique de l'ouest pour ça. Ce ne sont pas des breaks interminable, ce sont des rentré et des break placé dans la musique.

Exactement comme je le dis dans mon dernier message. Des breaks d'entrée et un ou deux au milieu, maxi. Décidément, on a parlé à côté du sujet. On parle très certainement de la même chose, sans le savoir.

En fait à Abidjan ça fait bien longtemps que l'on joue souvent dans les gombos avec la guitare et le clavier. Autant dire que ça change des gombos de Bamako :D
De plus en plus on fait de la variété. J'ai deja entendu des titres de Sékouba Bambino, Oumou Sangaré ou autre

Oui, mais ce n'est pas le pire. Maintenant, le coupé décalé a pourri les grands mariages, à Bouaké, et sans doute à Abidjan. D'ailleurs, je joue de moins en moins dans les grands mariages avec guitare, synthétiseur et pédales d'effets. Je préfère de loin les petites fêtes sans sono ou avec sono, mais plus traditionnelles. D'après ce que j'ai pu comprendre, cette dérive ne touche que la Côte d'ivoire, heureusement, mais pour combien de temps ?

Par contre, quand tu dis qu'une bonne partie des joueurs d'Abidjan ont été formé à Bouaké.... euh, ne t'avance pas trop
Abidjan est grand, bien p^lus grand que Bouaké, il ya beaucoup plus de fêtes et de nombreux quartiers.

Bon, c'est une guerre de pouvoir entre eux, mais avant la rébélion, Bouaké était l'un des grands centres du jembé en Afrique. Il y avait quand même Adama Dramé et Soungalo Coulibaly sur place. A Bouaké, il y a des jeux de jembé partout. La ville, plutôt faite comme un gros village, s'y prête mieux qu'Abidjan, ville ultra moderne.

Et des tapeurs dans pas mal de quartier aussi. Moi je connais plus les batteurs d'Abobo, où j'ai habité quelques années. Mais Trenchville est réputé aussi (de là vient Amara Kanté) et y avait des vieux patron comme Issa Ballo, Sékouba Traoré, Moussa Koné.... (parles en à Mamoutou)

Il les connaît tous ! Mamoutou a aussi été tapeur chez Soungalo Coulibaly.

C'est vrai que depuis les évènements de 2002, beaucoup ont bougé pour ce chercher ailleurs....

La rébélion a tout bouleversé ! Pourtant, Bouaké a continué dans ses fêtes traditionnelles pendant ces années dures. J'étais le seul blanc installé trois mois et demi par an à Bouaké, pendant la rébélion (ma conjointe est originaire de Bouaké).

moi je part plutot l'hiver, qyand il fait froid ici. Et pour ta part si tu passe dans le sud on iras voir des Abidjanais lol, non y a pas mal de gars de Bouaké aussi t'inquiéte :D


J'y suis aussi l'hiver, à Noël et à Pâques.

A plus.
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