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Adieu au Monde du Djembé

Forum des discussions générales sur le djembé ou sur d'autres choses.

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Adieu au Monde du Djembé

Postby djikan » Mon 23 Sep 2019 20:26

Salut à tous,

Je participe depuis des années partout ou je peux.

Sur divers domaines comme la gestion d'un pays, le concept informatique, la science, l'informatique dans tous les sens et interface d'outils, et la Musique et les autres.

J'ai découvert le djembé vers l'âge de 15 ans. Je ne savais même pas ce que c'était , je venais de la campagne... Et nous n'avions pas encore eu cette vague de nouveaux arrivants Européens, une mode.

J'ai probablement subis aussi la mode mais j'ai toujours été un passionné de musique et de rythme.

C'est un virus que je pense l'on attrape pour certain, dans le ventre de notre mère... Des battements de coeur qui nous raménerons toujours à un état primaire (voir techno).

Chaque son comme il est décrit dans une vidéo bien connu, est un rythme.

Tu peux passer ta vie sans rien voir, sans saisir les subtilités...Là ou d'autres vont en étre choqué. Et vouloir comprendre.

Au dela de la voix et le travail, il y a donc un cohérence dans un ensemble de sons simples, et même plus, la Polyrythmie. La base du collectif et de la "tourne".

J'ai joué avec des tas de gens et pris de cours en stages avec quelques joueurs Africains peu connus mais qui le mériteraient.

J'ai pris mes premiers cours avec un Sénégalais, Robert N., ce viel ami qui m'a appris vers l'age de 17 ans, des rythmes comme "l'aigle".. Le premier rythme que j'ai su jouer.

J'ai fait touner la cassette de Adama Dramé toute une année dans ma vieille Renault 4L blanche ou j'avais bidouillé une installation avec des enceintes de chaine hifi. Croyez moi si vous voulez, à 160km/h à fond de chez à fond avec une 4L, faut avoir du son pour entendre quoi que ce soit... Évidemment c'était pour un test et pas ma conduite normale....Compteur bloqué à fond avec Adama en fond!
Bah quoi! Faut bien étre jeune un peu.. Paix à l'âme de ce véhicule qui n'est pas une voiture mais un temple de collection.....

J'ai joué avec des amis Rasta et autres. Fait de l'accompagnement des années dans les cours de danses de la ville et stages. Je n'ai jamais été payé ni demandé 1c... Seul le soliste prennait de l'argent et la prof de danse...

A te faire tourner des maraka, soli, mendiani, madan, puis des kassa, djolé, etc...

C'est super pour se faire les mains, les bras et prendre le temps de regarder la danse qui est indissociable du rythme.

On y apprends quand on peut, à faire du solo, les blocages, appels et on se doit de connaitre un minimum les pas.

Allez on inverse les rôles! Les gonzesses au djembé et les potos à la danse! Sisi!

Bon.. C'était marrant..une époque d'amitié.. d'amis qui partaient au Mali, en partant à l'arrache en 309 et des dreads par la route jusqu'à Bamako city! Le désert, un no mans land pfff que dire pas pour un Français avec des dreads et qui a décidé qu'il irait là bas..Moi je chapeau bas même si le gars à mal tourné...

Voila donc Conakry aussi, et Le Burkina.... Le gratin pour apprendre quoi..
ça joue au coin de la Rue ou dans un bar ou une cour.. J'avoue n'y étre jamais allé moi même.. J'ai eu des tas de préoccupations qui m'ont envenimées la vie et je me réveille à 40 ans donc...

Et je n'ai plus personne de ce milieu qui me répond... Rien, le désert total.. Je serais un fou ou je ne sais quoi..

Ma ville est un endroit ou quand tu contredis un orgeuilleux, c'est pas juste il te fait la tronche... Il t'anéanti sur des années... Que dire... Une motivation.

J'ai donné sur des tas de forum et suis aussi absynteZero et de mon vrai nom Samuel Péricard.

Je suis trés faché contre ces gens et ce qu'ils m'ont fait dans mon dos. Je me suis même fait voler une house de djembé par un djembéfola...

Autant vous n'y étes pour rien, autant je ne peux que tirer un trait presque ..ému sur toute une partie de ma vie qui semble avoir disparu avec des vapeurs d' alcools ou je ne sais quoi.

Je laisse ma chaine youtube mais n'ai vraiment plus le coeur d'y faire des mises à jour, j'ai mis des morceaux comme ça et n'ai plus cherché à donner un ordre.

Je reste trés dubitatif sur le niveau intellectuel de notre race qui semble bien avoir pris un mauvais coup ces derniers 100 ans....

Je souhaite aux petits jeunes de savoir faire du tri... Les potes bouteilles.. qui sont pas là quand c'est la galère et qui t'en rajoutent....

Habitués à tout avoir semble t'il....et se foutre des autres.

Je n'en rajoute pas, c'est un avis personnel.

J'avais des tas de choses à donner.. si je pouvais tout effacer croyez moi....

Je vous souhaite bien du plaisir et de bien choisir vos pas...

C'est pas tout le monde qui joue..pour le plaisir.

Salutations

dkikan
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Re: Adieu au Monde du Djembé

Postby Kokelaere Francois » Mon 4 Nov 2019 12:39

Bonjour Samuel,

Ton message est touchant car il vient du fond du cœur mais au-delà de ce ressenti très personnel, tu touches à quelque chose de beaucoup plus large qui renvoie aux problématiques liées au djembé.

Les questions que nous devons nous poser, je dis « nous » car nous avons tous été confrontés un jour ou l’autre sur « le chemin du tambour », à ce que tu ressens aujourd’hui ; comme une sorte de doute, de rejet, de déception, d’incompréhension, de malaise :

- qu’étions-nous vraiment partis chercher sur le chemin du djembé?
- que retenons-nous de tous ces voyages, que nous ont-ils apporté, qu’avons-nous appris?
- nous ont-ils retiré quelque chose ?
- sommes-nous meilleurs aujourd’hui après avoir vécu ce que nous avons vécu?

Le tambour n’a rien à voir dans tout cela. Il n’était qu’un prétexte à grandir. Durant tout ce temps, il nous a regardé en souriant, spectateur : « il était là avant et sera là après... »

Ce « monde du djembé » dont tu parles n’existe pas, c’est LE MONDE avec du djembé dedans ou autre chose. C’est NOTRE monde et ce que nous en faisons.
Et NOTRE monde, n’est pas LE monde.

Pour faire court, si « monde du djembé » il y a, il a explosé dans les années 80/90 avec l’avènement de Mamady Keïta puis, la révélation de Famoudou Konaté et enfin, a trouvé sa vitesse de croisière dans les années 2000. Bien sûr, je n’occulte pas la présence antérieure d’Adama Dramé mais qui était confidentielle et la vulgarisation du tambour due à Guem à la même époque
Si cette « folie-djembé » n’avait pas eu lieu, il y a fort à parier qu’il aurait quasiment disparu ou tout du moins, serait devenu l’apanage de quelques spécialistes.
Du fait de cet avènement, le niveau technique général s’est considérablement amélioré. La musique traditionnelle mandingue s’est révélée. La sophistication des polyrythmies est enfin apparue dans tout son éclat et sa subtilité, pour devenir une science complexe et aboutie. Partout dans le monde, « le grand monde », des pratiquants jouent le tambour et de mieux en mieux.
Le « tam-tam », terme générique affublé aux tambours et devenu « djembé », et a retrouvé sa véritable identité Maninka. Il a acquis ses lettres de noblesse, tout en gardant un lien très fort avec ses origines traditionnelles. Bon, ça on le sait...

Là où le bas blesse, c’est au niveau de la créativité. Quasiment rien n’a bougé depuis quarante ans ; Il suffit d’aller voir sur internet les milliers de groupes qui reproduisent à l’infini et avec plus ou moins de bonheur, les mêmes caricatures de « groupe de percussions africaines». Les apports créatifs restent anecdotiques. Certes, certains cherchent à se démarquer mais sans vraie personnalité, sans aucune véritable recherche d’un propos véritablement artistique. Cela va toujours dans le sens du « show », du spectaculaire, de la forme et non du contenu.

Il en de même de la dite « danse africaine ». Imaginée dans les années 50 à Paris (mais oui…) par le visionnaire Keïta Fodéba, avec ses Ballets Africains, repris par Sékou Touré dans les années 60 en Guinée sous le vocable « Les Ballets Africains de la République de Guinée ». 70 ans après rien n’a bougé. Pareil… Les mêmes pas, les mêmes chorégraphies géométriques ; la recherche incessante de la performance et de la virtuosité.
Il en est de même du djembé : toujours plus fort, toujours plus vite, toujours plus « show ».
La raison en est qu’il est immensément difficile d’échapper à un contexte culturel si particulier. Aujourd’hui encore à Conakry, les jeunes musiciens des quartiers, d’origine modeste, n’échappent pas à l’environnement incontournable du ballet qui ne fait que reproduire en boucle les mêmes principes fondamentaux, initiés par les pères fondateurs des années 60. Il est d’ailleurs intéressant,
afin de comprendre un peu mieux l’histoire, d’où vient ce « monde du djembé », de se pencher sur le contexte politique de la création de ces ballets car il n’y en avait pas un mais une multitude dans chaque corps d’administration et dans les régions. Tous ces ballets étaient mis en concurrence par le « leader maximo » Sékou Touré et les meilleurs artistes, étaient recrutés pour les deux grands Ballets Nationaux (Ballets Africains, Ballet Djoliba) avec une arrière pensée politique, bien sûr.
Comment respecter une culture car la « culture des ballets » est une véritable culture, comment l’adapter à la scène (le théâtre à l’italienne) sans la dénaturer, et la caricaturer ? C’est la question que les artistes d’obédience africaine ne se pose pas ou peu. Pourquoi changer un business juteux qui semble satisfaire les créditeurs, à savoir, les pays nantis, qui sont toujours plus demandeurs ?
Finalement, cette image caricaturale de l’Afrique et des africains satisfait tout le monde.

Bref, fin de l’aparté historique et revenons à notre « monde du djembé »…

Nous sommes allés à l’autre bout de la terre, dans l’espoir de trouver un monde idyllique, fantasmé, fait d’amitié et de partage, de tambour et de danse, d’extase et de transe et nous avons trouvé LE monde dans sa réalité crûe et acerbe.

Mais peu importe ce que nous avons trouvé, cela appartient à chacun, ce qui compte c’est tout le chemin que nous avons parcouru pour arriver là où nous sommes aujourd’hui.

Nous avons vécu tant de choses sur le chemin du tambour.
Nous sommes partis en terre africaine, en terre de tambour afin de nous construire. Mille alibis, mille raisons, mille justifications, mille rêves, mille fantasmes mais une vérité : « NOUS CONSTRUIRE » et tout chemin, à la même finalité – IL NOUS RENVOIE UN JOUR OU L’AUTRE A NOUS-MÊMES .

On peut se raconter toutes les histoires du monde et Dieu sait si nous nous les sommes racontées, on peut s’ériger en toutes sortes de postures – grand maître, grand connaisseur, grand professeur, grand spécialiste, grand partageur, grand baba-cool, grand voyageur, grand fumeur de beu, grand commerçant, grand humaniste, grand baratineur, grand copain de celui qui sait, grand ceci et grand cela, au moment du bilan restent toujours les mêmes questions.

Toutes ces expériences, toutes ces rencontres, tous ces moments merveilleux de partage et aussi toutes ces déceptions, ces trahisons, ces escroqueries en tous genres ont participé à notre construction. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous devons remercier Tonton djembé, le « monde du djembé » comme tu dis si bien, merci « monde du djembé », de nous avoir apporté tant de belles choses. Les moins bonnes, oublions les ! La balance penche du bon côté.
Aurions-nous rencontré tous ces gens, toutes ces cultures, toutes ces façons de voir les choses, si les tambours ne nous avaient pas happés, croqués, mangés à la sauce feuille ou arachide ? Finalement, ce dont tu nous parles c’est mille souvenirs merveilleux qui resteront de façon indélébile, notre vie entière, accrochés à notre cœur. Nous n’y pouvons rien, c’est comme ça.

Tu dis avoir quarante ans ! Génial… Il te reste encore au moins la moitié de ta vie pour faire les choses que tu as envie de faire ; les choses que ton cœur te demande de faire, les choses que ton cœur te dicte et rassure-toi, il y a une vie après le djembé et fort heureusement. Peut-être même, qu’à la fin de l’histoire, le djembé aura été un compagnon de route très formateur ?

Tout ce que tu as vécu dans ce « monde du djembé », tu l’aurais de toutes façons vécu dans un autre monde, dans n’importe quel monde. Tous les mondes se valent. Il n’y en a pas un meilleur que l’autre.
Encore une fois, et permets-moi d’insister, ce « monde du djembé » et tous ceux qui y participent, est un monde fait de femmes et d’hommes qui ont en commun, tous, leur contingence humaine, leur humanité avec leurs qualités, leurs défauts, leurs souffrances et leurs préoccupations existentielles.

Nous cherchions des maîtres et des gurus et nous nous sommes vite rendus compte que nous confondions « le message et le messager ».
Les messagers, nos maîtres, que nous idéalisions avaient leurs propres problèmes et étaient prêts à tout pour sortir de leur précarité. N’aurions-nous pas fait pareil à leur place ? Nous les idéalisions mais ils n’étaient que des hommes.
Nous avons tout mélangé ; l’affect et le professionnel - l’intérêt personnel et l’intérêt commun – nos problèmes et leurs problèmes.
Nous avons demandé à des gamins de quartier ou à des villageois, de devenir des maîtres de pensée. Le costume était trop grand pour eux (et il l’est toujours d’ailleurs car c’est le même scénario qui se répète à l’infini!).
De merveilleux solistes, d’extraordinaire musiciens, nous avons fait des « grands maîtres » sans mesurer les conséquences que cela impliquait. Nous les avons mis sur un piédestal de verre qui au moindre courant d’air pouvait s’écrouler.
A quelques nuances près et sans trop généraliser, nous leur avons donné une responsabilité qu’ils ne pouvaient pas assumer. Ils n’en avaient pas les outils, ni le savoir faire.
D’un côté comme de l’autre, le choc culturel était trop grand mais comment aurions-nous pu l’appréhender ? Encore eut-il fallu que nous en soyons conscients, ce n’était pas le cas, loin s’en faut. Nous aussi, de notre côté, n’avions pas les outils intellectuels adéquats. Les responsabilités sont partagées.
Toujours nous confondons le message et le messager.
Il faut être très fort pour dissocier les deux, très pertinent, pour faire la part des choses ; nous ne l’étions pas ! C’est très facile aujourd’hui avec le recul d’analyser les choses. A l époque, nous avions la tête dans le guidon, émerveillé par ce que nous vivions à l’autre bout du monde.

Ce qui est un peu plus surprenant, c’est de voir qu’aujourd’hui, les mêmes causes produisent les mêmes effets et rien n’a vraiment changé dans le rapport que nous entretenons avec l’Afrique et avec les africains. Il suffit de se promener un peu sur internet pour voir toujours, les mêmes clichés ou alors, à l’inverse, une rigidité, une sorte d’intégrisme qui frôle le psychotique, des « connaisseurs ».

Quant au « message », avons-nous appréhendé tous ses secrets ? N’avons-nous pas été aveuglés par notre recherche ? Ne sommes-nous pas passés à côté de l’essentiel ? N’avons-nous pas touché mille fois l’improbable sans même le voir, sans même le sentir, sans même l’entendre ? Trop préoccupé par notre quête qui nous bouchait les yeux.

Nos copains, compagnons de route, étaient comme nous, en recherche d’une construction personnelle donc fragiles, instables, souvent perdus dans un choc des cultures dont nous ne mesurions que si peu les enjeux.

Dans les années 70, nous avons découvert un monde inconnu : le « monde du djembé » ou plutôt, le monde des polyrythmies. Ce monde devrions-nous dire car il n’y pas « un monde du djembé » mais des mondes, reliés à l’univers, reliés à toute humanité.
Il nous a émerveillé, fasciné et continue à le faire tous les jours. Le problème est qu’il est tellement vaste, tellement protéiforme, tellement multiple qu’il est si facile de s’y perdre.

Nous nous sommes perdus, cent fois, nous sommes revenus pour mieux nous perdre.
Ne fallait-il pas nous perdre pour mieux nous retrouver ?
N’est-ce pas merveilleux de se perdre ? Ceux qui ne perdent jamais, peuvent-ils se retrouver ?

Nous ne connaissions que quelques rythmes, nous avions peu d’informations fiables et par la force des choses, nous devions nous ouvrir à d’autres arts, d’autres expressions artistiques. Nous avions tous en commun une ouverture au monde, une soif d’aller vers l’inconnu, une envie inexpugnable de créer, d’inventer, d’innover. Les ponts entre les différentes disciplines artistiques étaient permanents : danse contemporaine, théâtre, littérature, arts plastiques – chorégraphie, scénographie, mise en scène, lumières, etc... ; ça circulait de toutes parts. Tout nous intéressait, nous faisions feu de tout bois. Nous passions de l’un à l’autre avec une envie folle d’aller de l’avant. Chemins de traverses.
Toutes les expériences étaient bonnes : le jazz, la musique répétitive, la musique classique, la musique contemporaine, les autres cultures, pas seulement l’Afrique ; Cuba, le Brésil, Haïti, les Antilles, l’Inde, etc… le tambour était un simple outil dans une boîte à outils chaque jour plus remplie.
Confronter nos idées, rencontrer, discuter avec toutes sortes d’arts et d’artistes a été plus que bénéfique. Cela nous a ouvert l’esprit au monde, aux mondes. Cela nous a obligé a regarder ailleurs. A REGARDER AILLEURS !

Qu’en est-il aujourd’hui de cette ouverture ? N’est-ce pas là le problème de fond de ce « monde du djembé » ; ses œillères ?

Aujourd’hui, ce sont des milliers de rythmes, de polyrythmies qui inondent le net. Toujours plus, toujours un nouveau rythme au nom improbable comme une sorte de frénésie.
Plus nous connaissons de rythmes, de patterns, de soli, d’accompagnements, de polyrythmies et plus nous nous éloignons de l’essentiel.
Nous nous dispersons, nous nous noyons dans un océan de rythmes et d’informations. Nous voulons tout jouer, tout connaître, tout appréhender. Nous voulons être le meilleur, le plus rapide, le plus savant, le plus fort, le plus grand, le plus beau !
Comme si cette fuite en avant nous permettait d’occulter l’évidence.
Comme si nous avions une terreur grégaire à arrêter tout ce cirque afin de ne surtout pas, jamais, REGARDER EN NOUS-MÊMES.
Car toute la question est là : à quoi bon tout ce délire si c’est pour passer à côté de nous-mêmes ?

Pourquoi connaître mille rythmes si aucun d’eux ne nous relie à nous-mêmes et au monde, aux mondes, aux autres, à l’univers ?
Il y aura toujours un nouveau rythme à étudier, une nouvelle polyrythmie, un nouveau solo mais il n’y aura jamais QU’UN NOUS -MÊMES.
Ne serait-il pas plus raisonnable, à un moment donné, de nous arrêter. STOP ! Respirer, faire le point. Écouter le silence. Où en sommes-nous après toutes ces années de cheminement?

Du cœur, nous en avons mis, des tonnes mais avons-nous pensé à cultiver notre âme ?


« Du cœur tout le monde en a, de l’âme, c’est autre chose. » disait le poète.

Ne nous racontons pas d’histoires. Le djembé ou toute autre chose ne résoudront jamais nos problèmes.
« Tambou la, sé seul médikaman nous ni » aurait pu dire Kassav
(le tambour c’est le seul médicament que nous avons)

Bien sûr que non, nous n’avons pas besoin de médicament, il nous faut juste remettre les choses à leur place et redescendre sur terre.
Le djembé ne sera à jamais, qu’un simple vecteur pour nous ramener à nous-mêmes.
Tu auras beau cheminer sur mille chemins, djembé ou autres, ils te ramèneront toujours à la même chose : TOI-MÊME.
Il faut du temps pour le comprendre ou pas d’ailleurs. Nombreux sont ceux qui continuent en roue libre sur leur lancée et qui ne veulent pas voir. C’est tellement plus rassurant de fermer les yeux.
Les années passent et ils n’ont pas bougé d’un pouce.
Qu’est-ce que ça peut faire ? Il y aura toujours un nouveau rythme sur internet à étudier alors pourquoi s’en faire ? Si ça peut leur faire plaisir, si c’est nécessaire à leur santé mentale, tant mieux.

Mais ne soyons pas dupes ? Ne croyons pas ce qu’on nous raconte sans l’avoir profondément expérimentés. Ne croyons pas qu’il n’y a qu’une voie, intangible, non négociable. Il y a mille approches différentes, mille façons d’aborder le tambour et la musique, et toutes ont leur petite part de vérité. A nous de faire le tri, de nous approprier ce qui nous convient et qui ne convient pas forcément à l’autre, aux autres ?
NOTRE SILLON EST UNIQUE, A NOUS DE LE CULTIVER ;
Et c’est long, très long.

Pour finir, quand quelqu’un joue, quand tu le vois jouer, quand tu vois tout son corps en mouvement, que ressens-tu ?
Et toi, quand tu joues ? Que ressens-tu ? De la joie, de l’émotion, du plaisir, de l’incrédulité, de la fascination, de la douleur, de la souffrance, du cœur, de l’âme ?
A chacun de voir ou de ne pas voir, de sentir ou de ne pas sentir, de se poser des questions ou de ne pas s’en poser ?
C’est le problème de chacun mais pas celui du djembé.

Bon voyage Samuel, sois heureux de vivre ;
bienheureux celui qui a croisé « le chemin du djembé ».
Si le djembé t’oublie, toi, tu ne l’oublieras jamais.

François Kokelaere
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Re: Adieu au Monde du Djembé

Postby Mike » Sun 10 Nov 2019 10:25

Bonjour François,

J'ai pris un moment pour pouvoir lire ton texte à tête reposée et calmement.

Ce que tu écris est vraiment très important et par ailleurs très bien écrit. Je pense que nous pouvons tous nous accorder sur un point, c'est que le djembé nous aura apporté d'immenses bonheurs, simples le plus souvent mais à chaque fois que je pense au djembé, je revois des amis, des professeurs, parfois des inconnus ou presque, le sourire aux lèvres, les cris, les pas de danse, l'agitation du public (dont le nombre n'importe pas), les yeux pétillants du public, des danses improvisées par certains ou certaines. Bref, me concernant, le chemin du djembé m'a apporté énormément, tant sur le plan musical, que personnel et même technique avec la construction de ce site.

Alors évidemment, il y a tous les écueils, tous les projets non aboutis, les prises de tête, les oublis, les erreurs, les piratages, les spams, les gens mécontents et hargneux ... Mais comme tu le dis si bien, ceci n'est pas lié au monde du djembé mais bien au monde en général. Il faut quand même aussi se confronter à tout ça et aussi savoir tolérer les différences de point de vue, les moments d'errance, les passages à vide, ou les crises de nerf, que nous sommes tous amenés à passer.

Mais au final, je ne fais que regretter de ne pouvoir retourner à ce "monde du djembé" qui me manque terriblement à cause du temps qui file trop vite ...

En tout cas, merci François pour ce beau texte qui aura changé un peu ma direction pour ce dimanche et les jours à venir. Un recentrage très intéressant et très formateur.

A très bientôt !
Mikael
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